SONABEL (Une histoire vraie)

SONABEL (Une histoire vraie)

Un service gagnant à tous les coups.
Elle commence sans qu’il soit possible d’imaginer la tournure que vont prendre les événements. L’histoire est véridique et à l’heure où nous écrivons ces lignes elle n’a toujours pas aboutie.

Le contexte
En mai 2020, un locataire signe un contrat de bail avec un propriétaire dans le quartier de Koulouba. Lors de la visite des lieux, les parties constatent qu’il n’y a pas de compteur électrique sur le tableau présent dans le local qui lui est dédié. Le bailleur avise le locataire que le dernier locataire a laissé une facture impayée d’environ 160.000F cfa et qu’il va falloir la solder avant de demander un compteur. Des discussions s’engagent entre les protagonistes, car le propriétaire ne peut pas assumer cette somme et, légitimement, le locataire, récemment arrivé au Burkina Faso, ne comprend pas pourquoi il doit, lui, payer pour quelqu’un d’autre, en argumentant qu’il souhaite seulement mettre de l’électricité dans une villa pour laquelle son épouse et lui ont eu un coup de cœur.

Tout naturellement, avec la naïveté qui siée à tout nouvel arrivant au Burkina Faso, le locataire se rend, logiquement, dans l’agence Sonabel la plus proche soit celle du centre-ville qui abrite aussi le siège.
Motivé, notre expatrié, se fait fort de faire comprendre au fournisseur d’électricité, qu’il n’a, ni lui, ni le propriétaire, à supporter la charge d’une facture impayée par un client à qui la Sonabel a posé un compteur et dont elle a été incapable (la Sonabel) de se faire régler les quittances en retard.
La personne, assise derrière le comptoir, en prenant connaissance de la facture, remarque que le document a une mention « DT » soit double tarif, ce qui a pour effet immédiat de lui rendre le sourire puisqu’elle n’aura pas à discuter du bien fondé de la position de la Sonabel sur les impayées et leurs inefficaces gestion.

« Il faut payer à la Z.A.D »,
Avec calme, il se rend aux guichets de la ZAD pour, si besoin, solder la facture. Les renseignements l’envoie vers un guichet qui lui, le renvoie vers un autre guichet pour complément d’adresse et qui le renvoie à un autre guichet pour paiement. Le Double Tarif pose un problème au guichetier il renvoi donc le client vers un autre bâtiment dans un service qui pourra lui dépatouiller son problème, que nenni, il faut aller voir le Directeur Régional, une directrice en l’occurrence et au demeurant fort sympathique et serviable, il est déjà 12h00, le numéro interne qu’elle appelle avec insistance ne répond pas, elle décide de contacter la personne clé sur son portable, pas de soucis, qu’il passe au guichet prestige dès lundi.

« Il faut faire un courrier pour payer »
Puisqu’il ne s’agit que de payer, le lundi matin, notre locataire envoie un messager au guichet Prestige « Il faut faire un courrier pour payer ». Histoire vraie.
Le messager, tête basse, explique la situation à son boss, ni un ni deux, le persévérant locataire parcours, d’un pas excédé, les couloirs de la ZAD à la recherche de l’homme clé, mais voilà l’homme clé est en vacances. Un coup de chance inouï lui permet de rencontrer, dans les couloirs une dame qui va l’aider dans ses démarches. Le guichetier prestige peut prendre les choses en main, maintenant, mais il lui faut le reçu de caution que l’ancien « propriétaire du compteur» avait avec lui…supposition.
Mais le locataire a quitté le pays, comment puis-je vous fournir ce reçu ? L’ange gardien croisé dans le couloir pense à une solution, trouver la personne qui a fait le reçu en septembre 2018, pas facile, mais elle y arrive, une signature plus loin et le locataire, c’est enfin soulager de 160.000F cfa en payant une facture qui ne lui incombe pas… La Sonabel ne perd jamais.

« Je veux un compteur »
« Oui je veux un compteur triphasé de 20A », « pas de soucis monsieur, la villa se trouve où ? » « à Koulouba ».
Ok, il faut vous rendre à l’agence de Gounghin » ????
L’agence de Gounghin se trouve derrière l’école de police, mais ne cherchez pas un panneau qui vous l’indique, il n’y en a pas, demandez plutôt votre chemin.
Le 23 juin 2020, notre intrépide locataire, prend un ticket en pensant qu’il était proche d’atteindre son but, avoir un compteur. Désolé monsieur, mais il faut voir le chef du centre…Du calme et du sang froid.
L’accueil cordial du chef du centre laisse à penser que la solution est proche lorsqu’il lui demande de le suivre jusqu’à un guichet ou une dame lui tend un document de « demande d’établissement de devis », (un devis pour une entreprise qui n’a pas de concurrence ?) une personne va passer, dans les prochains jours, pour établir un devis.
Allez ce n’est pas grave je vais atteindre mon but, un peu de patience.
Le 30 juin, toujours personne pour faire le devis, le locataire se rend au guichet ou la demande de devis lui a été remise, il est renvoyé vers le chef des devis « ils sont passés ils n’ont trouvé personne » normal il n’y a pas d’électricité donc il n’y a personne, un simple appel aurait suffi à éviter le déplacement, si le déplacement a eu lieu. Il finit par avoir le numéro de téléphone du technicien en charge du devis rendez-vous est pris pour le lundi 6 juillet, en 5 minutes le deviseur est parti, reste plus qu’à attendre le devis, mais fort d’une décevante expérience et du manque de réaction, notre locataire se rend dans les bureaux du chef de service le 13 juillet. Le devis ne peut être fait, car il n’est pas signé par le technicien, plus qu’énervé notre locataire insiste fortement pour avoir son devis. Gain de cause, voici le devis, ouf, j’ai mon devis, « Désolé monsieur, je ne peux vous remettre le devis car ma hiérarchie dois le viser et le signer, nous vous appellerons pour vous le remettre »

Le 15 juillet 2020. La suite au prochain numéro…

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